thanhphuong Site Admin
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Posted: Tue Mar 10, 2009 2:12 pm Post subject: Les sujets peints par Phai. |
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Pourque le lecteur puisse comprendre le style basique du peintre Bui Xuân Phai, nous allons vous parler des spécificités des motifs retrouvés dans ses tableaux.
Les Ruelles de Phai.
Le premier tableau, en huile sur toile, de Bui Xuân Phai sur les ruelles a été réalisé en 1940, le tableau s'intitulant "La Rue de Hàng Phèn", avant même qu'il soit devenu étudiant de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts d'Indochine. Ce tableau a été envoyé par la suite pour participer à une exposition à Tokyo(Japon) et a été acheté immédiatement.
*Période de début de 1950 à 1960:
De 1950 à 1960, Bui Xuân Phai n'a pas encore pris une orientation précise ni étudié en profondeur un sujet, il peint sur le mode de recherche, à l'instinct et avec véhémence, selon l'école contemporaine de l'époque, à l'exemple des Nus et Natures mortes de style cubiste. Il a également peint certaines ruelles anciennes, la transcription précise, avec force de détails mais non remarquable (la période postérieure est simplifiée, généralisée, les détails occultés par rapport à la réalité). Le tableau "Hàng Thiêc", HST, a été peint en 1952, la signature, à droite, est composée du nom et prénom de l'artiste. L'écrivain Nguyên Tuân a exposé ce tableau longuement dans son salon.
Concernant les anciennes ruelles de Bui Xuân Phai, nous distinguons trois périodes:
-De 1960 à 1970: Période brune.
-De 1970 à 1980: Période grise.
-De 1980 à 1988: Période bleue.
*Période de 1960 à 1970: Période brune.
Nous pouvons affirmer que la période brune porte la marque la plus spécifique du style et de la personnalité du "Roi des anciennes ruelles". Les tableaux de cette période reflètent le plus fidèlement les anciennes ruelles de Hà Nôi. Nous ne sommes pas étonnés que la plupart des hanoïens d'un certain âge et appréciant l'Art, aiment cette période par dessus tout alors que la jeune génération et les étrangers admirent passionément la période bleue.
Les toiles de cette période transparaissent une tristesse indicible, solitaire, passéiste comme la nostalgie d'une jeunesse à jamais perdue, la ruelle déserte aux silhouettes effilochées et fuyantes, les façades d'immeubles aux volets le plus souvent clos et lugubres, les toits habillés de mousse d'un quartier ancien avec la solitude de ses chaussées et trottoirs sous un ciel gris de plomb comme présage d'une prochaine tempête prête à s'épancher. Les fenêtres ne sont représentées que par une tache de couleur sombre.
C'est la période la plus prolifique et la plus difficile de la vie artistique de Bui Xuân Phai. Il entre dans le jeu de l'image et des couleurs au même moment que le pays est à son tournant historique, c'est pour cela que ses oeuvres sont empreintes d'une profonde tristesse comme une lamentation solitaire et misérable. L'acte de peindre est ainsi synonyme de moyen exutoire d'un chagrin enfoui car l'artiste est conscient de son impuissance devant les événements.
Les toiles de la période brune sont les plus cotées par les collectionneurs actuellement. A l'exemple de la toile "Hà Nôi entre dans la résistance", peinte en 1966 de la collection Trân Hâu Tuân et estimée à 200.000 usd sur le marché international.
*Période de 1970 à 1980: Période grise.
Il ne faut pas se méprendre en classant une toile dans une période en ne se basant que sur sa couleur picturale. D'habitude, en un coup d'oeil, les spécialistes peuvent déterminer tel tableau peint lors de telle décennie, puisque, à part les gammes de couleur et le style, ils se basent sur les éléments dont dispose la toile.
Pour la période "grise", l'homme ne porte plus la longue tunique traditionnelle en se promenant avec un parasol, les marchands ambulants se vêtissent différemment, les volets peints avec plus de minutie et de détails, la charette à boeufs ayant disparu car interdite de circulation en ville.
Durant les décennies 70, le peintre est dans une période critique pécunièrement et moralement. Dans son journal intime, il a écrit: "Qu'y-a-il de jouïssif dans cette vie? On ne voit que "horreur" et "horreur"...Pour cette période, Bui Xuân Phai peint les anciennes ruelles de Hà Nôi avec les gammes grises en gouache, sur papier journal. Dans ses toiles, les ruelles perdent un peu son aspect désertique et silencieux, le coup de pinceau aérien et léger, certains de ses tableaux virent vers l'abstrait, certains encore portent un aspect de recherche...C'est une période féconde avec beaucoup de création sur d'autres sujets trouvés dans la carrière de l'artiste.
*Période de 1980 à 1988: Période bleue.
Lors des 8 dernières années de sa vie, Bui Xuân Phai a été invité à exposer ses toiles dans plusieurs pays, sa renommée commence à être reconnue par les vietnamiens et dans le monde. Les ruelles de Phai sont devenues de plus en plus légères avec apparition de gammes de couleurs chaudes du soleil, apparition de pans de tuniques rouges qui vire-voltent en ville....
Le Chèo.
En 1961, Bui Xuân Phai commence à décorer les plateaux de théâtre, à réaliser les costumes ainsi qu'à maquiller les personnages du Chèo, la première pièce étant "Le fil de soie doré". C'était une chance pour le peintre d'être proche et d'aller à la rencontre de ce théâtre, saisissant finement son rythme et ses images pour y découvrir la beauté et l'excellence, modelant ainsi un regard qui lui est propre. Aucune étude a été mené pour connaître le nombre de tableaux de différentes dimensions peints par Bui Xuân Phai et consacrés au Chèo, tout en sachant que le premier est peint en 1961. Ce sujet est moins contemplatif, moins triste que les ruelles, le goût artistique y est populaire, malicieux; on peut y voir des bouffons ivres, des pitres avec bâtons, des actrices aux rôles de garces, celles aux rôles dramatiques, celles qui se mirent pour se coiffer, les activités des acteurs derrière les coulisses, le changement de costumes avant la représentation...le tout vivant grâce à un langage pictural prosaïque, conventionnel à l'image du Chèo.
Les Nus.
Bui Xuân Phai aime peindre aussi les nus à partir des années 60, c'est aussi le moment où il a atteint son rythme de croisière de création comme la passion pour le corps féminin. A cette époque, le peintre et ses confrères ayant un atelier, ont cotisé pour louer les services des modèles. Une moitié d'un siècle s'est écoulée mais les contemporains de Phai ont toujours une pensée émue pour ces modèles(Mademoiselle Hoà, Mademoiselle Thom)...
Les positions des nus dans les tableaux deviennent position spécifiquement Phai et très typiques des femmes vietnamiennes comme le dos courbé, le pantalon à mi-hanche lors d'un bain, les positions suggestives...
Souvent il dit en plaisantant: " Mes nus ne sont qu'une vision passéiste, une jeunesse perdue". Mais d'aucun ne connait pas la souffrance d'une privation, en allant vers l'âge, la peinture devient plus érotique, le célèbre peintre Picasso en a été l'illustrateur.
Découpage-Déchirage de papier.
Le découpage est un des types de recherches rares de Bui Xuân Phai sur les sujets tels que les ruelles anciennes, les fêtes de la mi-automne, les cartes de voeux de Nouvel An, les femmes à tunique sur le bord du lac de l'épée restituée, les natures mortes...A part cela, vers la fin de sa vie, il a fait un extraordinaire auto-portrait par déchirage. Lors d'une visite, un ami lui a fait une photographie agrandie et la lui a offert, il a enlevé avec l'ongle la première couche de la photographie et a laissé les parties qu'il estime nécessaire. Cet auto-portrait par déchirage a ému nombre de ses admirateurs par sa beauté fantasmagorique et... destructrice.
Traducteur:Docteur CHAPUIS Gérard. |
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